Pour une école plus égalitaire, abrogation des réformes Blanquer et de Parcoursup ! (pétition)

Coordination nationale des collectifs en lutte CONTRE LES RÉFORMES BLANQUER a lancé cette pétition adressée à Ministre de l’éducation nationale

A l’attention des parents, personnels de l’éducation, lycéen-ne-s, et de l’ensemble des citoyen-ne-s.

Pourquoi lançons-nous cette pétition ?

Les réformes Blanquer (réforme du bac, réforme du lycée général et technologique, réforme du lycée professionnel, Parcoursup) constituent une attaque frontale contre le service public d’éducation, donc contre les élèves, leurs parents et les personnels.

Elles impliquent l’explosion des inégalités sociales et territoriales, la fin du bac comme diplôme national, l’aggravation du tri social dans l’accès à l’enseignement supérieur, l’appauvrissement de la filière professionnelle et sa remise en cause, des suppressions massives de postes et des classes de plus en plus chargées.

Nous considérons que les élèves doivent avoir partout le même droit à l’éducation. Certes, la situation actuelle n’est bien sûr pas satisfaisante et nous souhaitons une école plus égalitaire. Mais les réformes Blanquer, si elles ne sont pas stoppées, vont fortement aggraver cette situation. C’est pourquoi, pour aller vers une école socialement plus juste, il faut d’abord obtenir l’abrogation de ces réformes.

Que demandez-vous en signant cette pétition ?

Je, soussigné-e, demande :

  • l’abrogation de la réforme Blanquer du bac général et technologique
  • l’abrogation de la réforme Blanquer du lycée général et technologique
  • l’abrogation de la réforme Blanquer du lycée professionnel
  • l’abrogation de la réforme Blanquer/Vidal de l’accès à l’enseignement supérieur via Parcoursup (loi ORE)
  • le maintien et l’élargissement du réseau d’éducation prioritaire, en garantissant aux établissements des moyens spécifiques pérennes, à la fois humains et matériels.


Pétition initiée par la coordination nationale des collectifs en lutte contre les réformes Blanquer, avec la participation de membres de :

– l’Inter-collectifs La Chaîne des Bahuts
– Collectif contre les réformes Blanquer et Parcoursup d’Ille-et-Vilaine
– Collectif contre les réformes Blanquer et Parcoursup de Loire-Atlantique
– Collectif contre les réformes Blanquer et Parcoursup d’Ile-de-France
– Collectif des enseignant.e.s inquiet.e.s des Ardennes
– Collectif du chalonnais et 71
– Collectif contre la casse du lycée professionnel
– Collectif « Touche pas à ma ZEP »
– Collectif « Touche pas à mon lycée Pro »

Pour signer la pétition: https://www.change.org/p/ministre-de-l-education-nationale-pour-une-%C3%A9cole-plus-%C3%A9galitaire-abrogation-des-r%C3%A9formes-blanquer-et-de-parcoursup

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Les stylos rouges : tous ensemble pour l’Ecole de demain !

Les Stylos ROUGES a lancé cette pétition adressée à Monsieur le Ministre de l’Education Nationale et à 1 autre

Pétition: LES STYLOS Rouges

Notre système éducatif se détériore de plus en plus, enseveli sous les réformes qui se succèdent, à chaque changement de ministre, sans aucune vision de l’école que nous souhaitons pour nos enfants.

Une Ecole qui n’attire plus les vocations tant les conditions de travail de tous les personnels se sont dégradées, tant les apprentissages des élèves perdent de leur sens et ne sont plus accompagnés avec bienveillance.

Une Ecole qui ne pense plus réussite et bien-être de ses élèves mais budget et économies. Il est temps de se rassembler pour restaurer un service public d’éducation de qualité! Nous avons décidé de nous unir afin de chercher et trouver des solutions à cette situation inacceptable.

 De nombreux personnels des différentes branches de la formation et de l’éducation (Education nationale, Enseignement agricole, formations professionnelles…) se sont unis pour la première fois depuis bien longtemps afin de proposer l’école de demain autour de 3 grandes revendications:

-Revaloriser le métier d’enseignant tant socialement que financièrement
-Exiger une bienveillance de l’Etat pour ses élèves en améliorant leurs conditions d’apprentissage
-Faire reconnaitre la qualité des fonctions liées à l’enseignement

Pour signer la pétition: https://www.change.org/p/monsieur-jean-michel-blanquer-les-stylos-rouges-tous-ensemble-pour-l-ecole-de-demain

Notre manifeste avec l’ensemble des revendications est disponible en PDF ci dessous:

http://stylosrouges-officiel.fr/wp-content/uploads/2019/01/Stylos-Rouges-Manifeste-v3.1.pdf

Tous ensemble pour l’école de demain !

Pas de vagues – participez à notre enquête (SNES)

   

Parlons pour mieux comprendre et agir

Incivilités, insultes, menaces, bousculades ou faits plus graves… Un trop grand nombre d’entre nous ont fait face à ces situations au cours de leur vie professionnelle. Ces derniers jours, la diffusion des images d’une agression et la libération de la parole des collègues sur les réseaux sociaux ont mis en lumière de nombreux dysfonctionnements dans le suivi de ces cas. Nous avons souvent eu besoin du soutien de notre hiérarchie et trop souvent nous ne l’avons pas obtenu.

L’institution a le devoir d’apporter des réponses et un accompagnement aux personnels touchés par des actes de violence ou d’incivilité au sein de l’Éducation nationale, pour que chacun, élèves et personnels, puisse y travailler dans de bonnes conditions. Dans des situations souvent complexes, il faut trouver collectivement des solutions pertinentes, allant du simple rappel à l’ordre à la sanction disciplinaire, mais il ne faut en aucun cas mettre le couvercle.

L’omerta est un problème de fond

Il est difficile à résoudre, car par nature, il ne permet pas d’identifier les problèmes, leur nature, leur ampleur. Les syndicats de la FSU entendent régulièrement des témoignages de collègues, les accompagnent dans leurs démarches et agissent : interpellation des chefs d’établissements, DASEN, Recteurs, CHSCT… C’est là le rôle d’une organisation syndicale, telle que nous le concevons, engagée au quotidien auprès des personnels.

Prenez la parole

Nous voulons aller plus loin et ne pas laisser retomber le mouvement de mise en lumière de ces problèmes : pour pouvoir appréhender la situation, pour obliger et l’institution à réagir – immédiatement et sur le long terme – nous avons besoin de vos témoignages et de vos réponses à l’enquête que nous lançons. Au-delà de la parole exprimée sur les réseaux sociaux, ils nous permettront de mieux comprendre et agir.

La phase de récolte des témoignages est achevée. Le SNES communiquera bientôt sur les résultats de l’enquête.

«Et si l’on évaluait le “pas de vague” au sein de l’EN?» (Martine Daoust et Patrick Hetzel)

« Le raz de marée #pasdevague signe un réel problème de gestion, d’aide et d’écoute, voire d’indifférence de la hiérarchie de l’Education nationale vis-à-vis des problèmes professionnels réels »

Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin, ancien recteur d’académie.

Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin, ancien recteur d’académie. © Sipa Press

Occurrence d’événements ? C’est au moment où on parle d’évaluation pour l’école que se répand au grand jour, après une menace d’élève envers un professeur, le mal-être des enseignants. Cet incident a surtout mis en évidence l’incapacité institutionnelle à apporter des réponses à ce malaise. L’approche sécuritaire et administrative annoncée est certainement nécessaire-encore que — mais mal adaptée aux besoins des établissements. Puisque le ministre se targue de mettre en avant la science, qu’il lise donc la bibliographie relative à l’importance de la qualité de vie en établissement scolaire comme facteur de réussite pour les élèves et de bien être pour les enseignants.

On ne saurait d’ailleurs trop lui conseiller de lire le rapport du CNESCO (1) sur la qualité de vie à l’école paru en 2017. Ce rapport est celui dont on rêve quand on se préoccupe d’enseignement : clair, argumenté avec une bibliographie internationale riche et récente, bref une aide à la décision qui devrait hanter la table de chevet, voire de travail du ministre. On peut y lire, et donc on ne peut plus dire qu’on ne savait pas, à quel point la qualité de vie à l’école est en lien direct avec l’environnement, la santé, le travail, l’estime de soi de chacun, en intégrant tous les domaines de la vie.

Déterminisme territorial. D’ailleurs, dans une deuxième salve, le CNESCO a fait paraître un autre rapport (2) mettant en avant les inégalités entre les établissements scolaires. Il est donc vraiment temps de faire disparaître le CNESCO : trop bon, trop dérangeant. Il pointe et écrit noir sur blanc ce que tout le monde pressent et/ou sait. Les inégalités scolaires d’origine territoriale sont peu explorées et demeurent taboues dans une République une et indivisible. Le déterminisme territorial, bien souvent associé au déterminisme social handicape à long terme des milliers de parcours scolaires. Et pourtant, on sait que ça existe, mais on ne fait pas de vague et on espère qu’il ne se passera rien.

Mais c’est autour de cette question qu’il faut mettre en place une évaluation digne de ce nom. Puisqu’il est question d’évaluation, pense-t-on un instant à évaluer la qualité de vie dans les établissements ? Cherche-t-on les raisons environnementales, économiques, sociales, territoriales qui handicapent certains établissements ? Ou va-t-on continuer à segmenter les jugements individuels ? Les élèves d’un côté, les enseignants de l’autre et l’établissement jamais ? Comme si le reste n’existait pas.

Clairement, si on commence à s’intéresser sérieusement à cet environnement de travail, avec les outils de mesure standardisés et à disposition de tous, on va voir apparaître des « effets de structures » majeurs dans la réussite ou l’échec des élèves, et là, c’est tout le système qu’il faudra interroger, y compris l’institution elle-même. C’est en effet plus dérangeant, et le « pas de vague » peut vite se transformer en mise « sous le tapis ».

Le déterminisme territorial, bien souvent associé au déterminisme social handicape à long terme des milliers de parcours scolaires. Et pourtant, on sait que ça existe, mais on ne fait pas de vague et on espère qu’il ne se passera rien

Pourtant, les études dont celles réalisées au sein de l’Institution (3), mettent en avant que pour les élèves, la satisfaction et le bien-être scolaire sont directement associés aux résultats scolaires mais aussi à l’environnement : soutiens entre élèves, climat de classe et confiance dans les enseignants. Pour les enseignants, il suffit de lire le rapport du médiateur de l’Education nationale (4) pour connaître les causes de souffrance et de pression du personnel : formation inadéquate par rapport à la diversité des publics, relations tendues avec les parents, considération négative du métier relayée dans l’ensemble de la société française ou encore difficultés non accompagnées pour la mise en place des réformes. Actuellement, le raz de marée #pasdevague sur les réseaux sociaux signe un réel problème de gestion, d’aide et d’écoute, voire d’indifférence de la hiérarchie de l’Education nationale vis-à-vis des problèmes professionnels réels.

Au regard de tous ces arguments, pourquoi continue-t-on à refuser des approches plus intégratives du système ? pourquoi continuer à évaluer chacun séparément sans tenir compte de l’accompagnement nécessaire dans certains établissements ? La réponse sécuritaire annoncée semble tellement dérisoire relativement à l’insuffisance humaine. Il est surprenant que les pistes envisagées gardent sous silence le manque criant d’approche sanitaire : pratiquement aucun médecin de prévention pour les personnels et un petit millier de médecins scolaires pour 12 millions d’élèves. Cette indigence sanitaire dans les établissements participe au sentiment de mal-être de tout le monde. Vers qui se tourner ? Il n’y a pas d’interlocuteurs et les problèmes rencontrés sont laissés sous le tapis. Les registres à renseigner, qui d’ailleurs sont déjà largement en usage, ne suffiront pas à améliorer le climat délétère qui fait s’affronter les enseignants à leur hiérarchie.

Evaluation indépendante. Puisqu’il est question d’évaluation, il serait temps de pratiquer une véritable évaluation indépendante, qui replace chacun dans son environnement immédiat, et dont les recommandations sont suivies d’une remédiation spécifique et non punitive. Elle ne doit pas être une sanction mais une aide au soutien des établissements en difficulté. Se doter d’une structure d’évaluation réellement indépendante et qui implique le personnel de terrain avec une analyse objective de la qualité de vie serait un premier pas vers la prise en compte du climat scolaire comme facteur de réussite et de protection.

Sans compter qu’un tel dispositif d’évaluation réellement indépendant permettrait aussi au Parlement de se saisir de cette question et d’éviter que les instances d’évaluation ne soient placées sous la seule autorité du Ministre de l’Education nationale, ce qui n’est pas un gage d’objectivité ou d’indépendance des évaluations qui seront rendues publiques uniquement après son nihil obstat. En somme, d’intenses débats sont à prévoir au Parlement au sujet d’une loi que le Ministre de l’Education comptait mettre à profit à des fins de communication à sens unique. Décidément, l’état de grâce est désormais passé pour le locataire de la Rue de Grenelle !

Martine Daoust, Professeur de pharmacie, ancien recteur d’académie, et Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin, ancien recteur d’académie.

(1) La qualité de vie à l’école, rapport du CNESCO 2017, A.Florin et P.Guimard. (2) Inégalités scolaires d’origine territoriale en France métropolitaine et d’Outre-mer, rapport du CNESCO, octobre 2018

(3) HBSC 2011

(4) Rapport du médiateur 2015

Source: L’opinion du 8 novembre 2018
https://www.lopinion.fr/edition/politique/si-l-on-evaluait-pas-vague-sein-l-education-nationale-tribune-martine-168008

A propos des « contractuels », non-titulaires de l’Education Nationale : un collectif d’enseignant(e)s répond à M. Paul Devin

Le 29 Octobre 2018, le quotidien Libération publiait un texte, composé uniquement du monologue de M. Paul Devin, inspecteur de l’Education Nationale, titré «Education nationale : «On laisse des élèves devant des personnes qui n’ont pas été formées», signé par Marie Piquemal, accompagné du «chapeau». Dans cette brève présentation journalistique, «l’Inspecteur de l’Education nationale, Paul Devin déplore le recours «de plus en massif» à des contractuels qui n’ont pas les qualifications requises». Le texte de M. Devin est reproduit ci-dessous.

M. Devin, outre qu’il est inspecteur, est également secrétaire national du syndicat FSU des personnels d’inspection (SNPI-FSU). Le décalage de cette réponse, eu égard à la publication de ce texte, s’explique par le fait que ce texte, lors de sa parution, n’a pas été perçu comme tel, mais depuis, le texte de M. Devin est souvent partagé, sur les réseaux sociaux, par mail, etc. Dans ce texte, M. Devin dit : «Le recours de plus en plus massif aux enseignants contractuels pose un véritable problème : au-delà du statut instable de ces personnels, on est confronté à la question récurrente de leur absence totale de formation.» La comparaison, implicite, entend distinguer des titulaires, formés, à côté de contractuels, non formés. Avant de parler de ce sujet de la formation, il faut établir une chose : les titulaires ont suivi une formation universitaire, ont passé le concours qu’ils ont obtenu, et les contractuels ont également suivi une formation universitaire identique, parfois plus longue, et ont passé le concours, qu’ils n’ont pas obtenu. Pourquoi n’ont-ils pas obtenu ce concours ? Ce n’est pas nécessairement qu’ils ont eu une mauvaise note, mais le nombre de postes pour une année étant ce qu’il était, est, ils sont passés après les autres. Est-ce que les titulaires, lesquels ont réussi un concours, sont des professeurs et de bons professeurs, ce qu’ils sont, parce qu’ils ont leur concours ? C’est qu’ils ont été, universitairement formés, ce qui est le cas des contractuels également. Une agrégée de Philosophie en témoigne : ayant réussi le concours au cours des années 2000, « rien ne nous a été proposé comme formation spécifique et post-concours pour le métier, et j’ai donc appris en immersion, comme tous les contractuels ».

 Le nombre de postes est un sujet majeur. Depuis trente ans, ce nombre de postes, par an, par discipline, par niveau de concours, était-il suffisant ou… ? On le sait : l’austérité budgétaire, mais aussi le dogme libéral contre les emplois de fonctionnaires, ont déterminé une politique de «recrutement», quantitativement faible ou très faible. Il y a déjà longtemps que des effectifs de classe gonflent, dépassant les 30, jusqu’au 35, ce chiffre devenant même désormais la norme dans l’Education Nationale. C’est donc important d’insister : nombre des enseignant(e)s contractuel(le)s sont «formés», puisqu’ils ont suivi une formation universitaire, y compris jusqu’à Bac + 5 à 8 ! Quelques un(e)s sont même «Docteurs »… Il est donc particulièrement grave de lier la compétence d’enseigner à une formation de l’EN, post-concours, comme si cette formation était, un, absolument nécessaire, et deux, quand elle existe, comme si elle était tellement importante et remarquable qu’elle en devenait décisive. Et n’en ayant pas bénéficié, les contractuels seraient comme n’importe qui face aux élèves, seraient «n’importe qui».

« Qui accepterait, par exemple, de confier sa voiture à une personne qui n’a pas suivi un cursus pour être garagiste ? En France, aujourd’hui, on laisse des élèves devant des personnes qui n’ont pas été formées au métier d’enseignant » Ce discours est trompeur, parce que réducteur. Preuve en est la conclusion de ce qu’il ajoute : «En tant qu’inspecteurs, on contribue au recrutement de ces personnels contractuels alors que l’on sait pertinemment que cette situation n’est pas satisfaisante. On se retrouve coincé, face à un choix impossible. A devoir arbitrer entre laisser des gamins pendant des semaines sans enseignant ou les confier à une personne sans qu’elle ait les compétences requises. Bien sûr, il y a toujours des contre-exemples, il y a fort heureusement des contractuels qui ont un sens inné de l’enseignement et qui parviennent à se mettre seuls au niveau, en travaillant avec acharnement. Mais ce n’est pas la majorité des situations. » La majorité des situations ! L’article est accompagné d’un graphique qui établit que, pour 2016/17, le total des contractuels pour le premier et le second degré aurait atteint 33000 femmes et hommes environ. Donc, la majorité de ces 33000 femmes et hommes seraient des incompétents ? ! Mais de tels incompétents, absolus, devraient tricher face aux élèves, à leurs collègues, etc. L’imitation/escroquerie se révèle vite. Il faut être sérieux. Il y a tant d’oubli et d’ignorance dans ce jugement terrible : leur parcours universitaire, leur parcours professionnel, parfois avec de nombreuses expériences, leur durée d’activité en tant que contractuel(le), puisqu’ils peuvent l’être depuis moins de 6 ans, sans être en CDI, ou l’être toujours, même au-delà de 6 ans de durée, dès lors qu’ils ont subi une coupure entre deux contrats supérieure à 4 mois. Un certain nombre, près des 6 ans de travail continu, se sont vus imposer une curieuse période de chômage supérieure à 4 mois, avant d’être à nouveau recrutés !

Bien entendu, le texte de M. Devin est marqué par des intentions «humanistes» : «Il y a une incohérence totale entre le discours ministériel – Jean-Michel Blanquer n’a de cesse de répéter que l’école est au cœur de la politique de justice sociale – et la réalité. Le système nous conduit à devoir reculer les limites de l’acceptable. C’est un choix politique, rien n’est irréversible. Il pourrait en être autrement s’il y avait un engagement fort des pouvoirs publics. C’est malheureusement tout l’inverse qui se passe aujourd’hui. Quand on discute entre inspecteurs, il y a ces mots qui reviennent : la perte de sens. Ce sentiment partagé de ne plus parvenir à exercer notre métier dans sa finalité : l’intérêt des élèves.» Mais sur ce que pourrait être un engagement fort, le texte ne dit mot, ne donne pas de perspectives. Les contractuels peuvent lui en faire connaître : la reconnaissance de leur diplôme, de leur parcours professionnel, de leurs compétences devrait se traduire, idéalement, par une titularisation, ou au moins par une procédure innovante qui leur reconnaisse une carrière durable dans l’Education Nationale.. Après, si ce Ministère préfère faire l’impasse sur une formation tout au long de la vie, c’est son choix, mais ce n’est pas aux contractuels, sur leur réputation, à souffrir de ce choix, comme s’ils étaient des… garagistes (salutations à eux!), face à des jeunes pour un cours de Français, de Philosophie, d’Histoire, etc ! Si ce que dit Monsieur Devin à la fin de l’article est éminemment juste, à savoir que c’est un problème politique dont il est question, à quel moment se confronter à celui-ci autorise à humilier des hommes et des femmes engagés ? Au-delà des chiffres, nous invitons la presse, les médias, à enquêter réellement sur les contractuels, et ils pourront ainsi constater et expliquer l’inexactitude de la comparaison avec le garagiste improvisé en publiant un beau diagramme indiquant la proportion de contractuels en primaire / collège / lycée ayant bac+2/3/… et pour le collège-lycée ayant un diplôme universitaire dans la discipline qu’ils enseignent au collège -lycée. On saurait alors  objectivement si la formation universitaire de ces contractuels est solide et cela permettrait sans doute de démentir clairement l’affirmation un peu rapide de l’inspecteur cité dans l’article disant que les contractuels compétents, « ce n’est pas la majorité des cas ». 

Oui, nous savons que le recours croissant aux contractuels vient d’une volonté délibérée de baisser les postes au concours, alors que les candidats recalés avaient souvent le niveau suffisant pour être profs. Si ce n’est pas toujours le cas (ni plus ni moins que chez celles et ceux qui ont eu le concours, qui n’ont pas été formés ou très peu), ce n’est pas la responsabilité de ces travailleurs appelés à, et cela ne peut être généralisé. Dans quel métier l’évaluation de la compétence est-elle si constante ? Pour les contractuels, une visite « conseil » peut se traduire par la fin du contrat. Pour un(e) titulaire, une visite conseil peut se traduire par un blocage de la progression du coefficient. Les conséquences sont donc radicalement différentes. Mais pour les uns et les autres, une visite-conseil est une « évaluation » qui peut changer une carrière. Dans quel métier trouve t-on une telle épée de Damoclès ? Si la visite-conseil a vraiment pour objet de conseiller, aider, elle est très souhaitable, positive. Si elle a pour objet de sanctionner, notamment sévèrement, un(e) enseignant(e) qui cherche néanmoins à bien faire son travail, il s’agit là d’un « droit » managérial outrancier. Maintenant, avec la réforme Blanquer, nombre de contractuels n’auront plus de postes à la rentrée 2020/2021. Le problème sera donc réglé, par des suppressions de postes, par la disparition de l’EN de milliers de professeurs non-titulaires, comme par des milliers de postes de titulaires. Contre les enseignants, nous n’avons jamais vu un tel Ministère et une telle contre-réforme. Les non-titulaires partagent les analyses de leurs collègues titulaires : la réforme Blanquer doit être retirée.

« Qui accepterait, par exemple, de confier sa voiture à une personne qui n’a pas suivi un cursus pour être garagiste ? En France, aujourd’hui, on laisse des élèves devant des personnes qui n’ont pas été formées au métier d’enseignant » Ce discours est trompeur, parce que réducteur. Preuve en est la conclusion de ce qu’il ajoute : «En tant qu’inspecteurs, on contribue au recrutement de ces personnels contractuels alors que l’on sait pertinemment que cette situation n’est pas satisfaisante. On se retrouve coincé, face à un choix impossible. A devoir arbitrer entre laisser des gamins pendant des semaines sans enseignant ou les confier à une personne sans qu’elle ait les compétences requises. Bien sûr, il y a toujours des contre-exemples, il y a fort heureusement des contractuels qui ont un sens inné de l’enseignement et qui parviennent à se mettre seuls au niveau, en travaillant avec acharnement. Mais ce n’est pas la majorité des situations. » La majorité des situations ! L’article est accompagné d’un graphique qui établit que, pour 2016/17, le total des contractuels pour le premier et le second degré aurait atteint 33000 femmes et hommes environ. Donc, la majorité de ces 33000 femmes et hommes seraient des incompétents ? ! Mais de tels incompétents, absolus, devraient tricher face aux élèves, à leurs collègues, etc. L’imitation/escroquerie se révèle vite. Il faut être sérieux. Il y a tant d’oubli et d’ignorance dans ce jugement terrible : leur parcours universitaire, leur parcours professionnel, parfois avec de nombreuses expériences, leur durée d’activité en tant que contractuel(le), puisqu’ils peuvent l’être depuis moins de 6 ans, sans être en CDI, ou l’être toujours, même au-delà de 6 ans de durée, dès lors qu’ils ont subi une coupure entre deux contrats supérieure à 4 mois. Un certain nombre, près des 6 ans de travail continu, se sont vus imposer une curieuse période de chômage supérieure à 4 mois, avant d’être à nouveau recrutés !

Bien entendu, le texte de M. Devin est marqué par des intentions «humanistes» : «Il y a une incohérence totale entre le discours ministériel – Jean-Michel Blanquer n’a de cesse de répéter que l’école est au cœur de la politique de justice sociale – et la réalité. Le système nous conduit à devoir reculer les limites de l’acceptable. C’est un choix politique, rien n’est irréversible. Il pourrait en être autrement s’il y avait un engagement fort des pouvoirs publics. C’est malheureusement tout l’inverse qui se passe aujourd’hui. Quand on discute entre inspecteurs, il y a ces mots qui reviennent : la perte de sens. Ce sentiment partagé de ne plus parvenir à exercer notre métier dans sa finalité : l’intérêt des élèves.» Mais sur ce que pourrait être un engagement fort, le texte ne dit mot, ne donne pas de perspectives. Les contractuels peuvent lui en faire connaître : la reconnaissance de leur diplôme, de leur parcours professionnel, de leurs compétences devrait se traduire, idéalement, par une titularisation, ou au moins par une procédure innovante qui leur reconnaisse une carrière durable dans l’Education Nationale.. Après, si ce Ministère préfère faire l’impasse sur une formation tout au long de la vie, c’est son choix, mais ce n’est pas aux contractuels, sur leur réputation, à souffrir de ce choix, comme s’ils étaient des… garagistes (salutations à eux!), face à des jeunes pour un cours de Français, de Philosophie, d’Histoire, etc ! Si ce que dit Monsieur Devin à la fin de l’article est éminemment juste, à savoir que c’est un problème politique dont il est question, à quel moment se confronter à celui-ci autorise à humilier des hommes et des femmes engagés ? Au-delà des chiffres, nous invitons la presse, les médias, à enquêter réellement sur les contractuels, et ils pourront ainsi constater et expliquer l’inexactitude de la comparaison avec le garagiste improvisé en publiant un beau diagramme indiquant la proportion de contractuels en primaire / collège / lycée ayant bac+2/3/… et pour le collège-lycée ayant un diplôme universitaire dans la discipline qu’ils enseignent au collège -lycée. On saurait alors  objectivement si la formation universitaire de ces contractuels est solide et cela permettrait sans doute de démentir clairement l’affirmation un peu rapide de l’inspecteur cité dans l’article disant que les contractuels compétents, « ce n’est pas la majorité des cas ». 

Oui, nous savons que le recours croissant aux contractuels vient d’une volonté délibérée de baisser les postes au concours, alors que les candidats recalés avaient souvent le niveau suffisant pour être profs. Si ce n’est pas toujours le cas (ni plus ni moins que chez celles et ceux qui ont eu le concours, qui n’ont pas été formés ou très peu), ce n’est pas la responsabilité de ces travailleurs appelés à, et cela ne peut être généralisé. Dans quel métier l’évaluation de la compétence est-elle si constante ? Pour les contractuels, une visite « conseil » peut se traduire par la fin du contrat. Pour un(e) titulaire, une visite conseil peut se traduire par un blocage de la progression du coefficient. Les conséquences sont donc radicalement différentes. Mais pour les uns et les autres, une visite-conseil est une « évaluation » qui peut changer une carrière. Dans quel métier trouve t-on une telle épée de Damoclès ? Si la visite-conseil a vraiment pour objet de conseiller, aider, elle est très souhaitable, positive. Si elle a pour objet de sanctionner, notamment sévèrement, un(e) enseignant(e) qui cherche néanmoins à bien faire son travail, il s’agit là d’un « droit » managérial outrancier. Maintenant, avec la réforme Blanquer, nombre de contractuels n’auront plus de postes à la rentrée 2020/2021. Le problème sera donc réglé, par des suppressions de postes, par la disparition de l’EN de milliers de professeurs non-titulaires, comme par des milliers de postes de titulaires. Contre les enseignants, nous n’avons jamais vu un tel Ministère et une telle contre-réforme. Les non-titulaires partagent les analyses de leurs collègues titulaires : la réforme Blanquer doit être retirée.

Défense des personnels (conseils de SOS Fonctionnaires)

Il existe une possibilité d’obtenir un soutien juridique gratuit total (sans véritable choix d’avocat correspondant très exactement au type de préjudice subi) et des conseils pour un/des soutien(s) psychologique(s)/moral/aux gratuit (pris en charge par sa mutuelle) grâce à une complémentaire assurance de la Maïf peu onéreuse, dans l’hypothèse de moyens non suffisants pour cela pour les personnels concernés :

https://www.maif.fr/enseignants/nos-solutions/assurance-professionnelle.html

C’est l’Autonome de Solidarité Laïque (ASL) qui s’occupe des volets 1 et 3, et la Maïf qui s’occupe du volet 2

https://www.autonome-solidarite.fr/
https://www.youtube.com/user/autonomesolidarite/videos

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Il est possible de contester une décision administrative, devant soit le Conseil supérieur de la fonction publique soit devant le Tribunal administratif.
La Commission de recours du Conseil supérieur de la fonction publique de l’Etat (CSFPE) est prévue par l’article 13 de la loi no 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l’Etat. Tout fonctionnaire à l’encontre duquel une sanction disciplinaire des 2e, 3e ou 4e groupes a été prononcée peut saisir la commission de recours du CSFPE dans les conditions précisées à l’article 10 du décret no 84-961 du 25 octobre 1984. Ces dispositions tendent à restreindre l’accès à la commission en fonction notamment des conditions dans lesquelles le conseil de discipline s’est prononcé. La procédure prévue en matière disciplinaire étant observée en cas de licenciement pour insuffisance professionnelle, ces conditions de saisine sont également applicables aux licenciements prononcés en application de l’article 70 de la loi précitée.
Le recours ne suspend pas l’exécution de la sanction. La commission émet, soit un avis déclarant qu’il n’y a pas lieu de donner suite à la requête qui lui a été présentée, soit une recommandation tendant à faire lever ou modifier la sanction infligée. La recommandation ne lie pas l’autorité ayant pouvoir disciplinaire qui reste libre de maintenir la sanction. Si cette autorité accepte d’en tenir compte, sa nouvelle décision se substitue rétroactivement à celle qui a été initialement prise.  La commission est composée d’un nombre égal de représentants du personnel et de représentants des administrations de l’Etat. Son effectif est de 26 membres au total.

En cas d’urgence, il est possible d’introduire un référé en annulation tout en introduisant son recours au TA en visant la sanction disproportionnée par exemple . Tout dépend de ce qu’il y a dans le dossier et ce qui est reproché.

Message du comité de soutien de Pascal Verrier

Cette rentrée est marquée par une violente attaque menée par notre propre ministre contre l’un des nôtres, Pascal Verrier, professeur de philosophie à Paris et figure syndicale, qui a conduit et souvent initié de nombreuses luttes durant ces trente dernières années.

Le ministre vient en effet de prononcer contre lui un arrêté de mise à la retraite d’office, sanction très grave, rarement prononcée, et aux conséquences financières extrêmement lourdes pour notre collègue puisqu’elle le prive immédiatement de 40% de ses revenus et l’empêche définitivement de faire progresser ses droits à pension de 30% !

Par cette décision, le ministre désavoue l’avis de la commission paritaire qui s’est réunie le 5 juin dernier et a entendu, 11 heures durant, les témoignages qui venaient démonter un à un l’ensemble des accusations et ragots de deux ou trois élèves instrumentalisés par une hiérarchie en conflit ouvert avec Pascal Verrier.

Par certains côtés, ce cas ressemble à celui de notre collègue JF Chazerans, tout comme lui militant syndical, affecté dans un lycée renommé, dans le viseur d’une hiérarchie montant contre lui un dossier ubuesque.

Tout ceci est scandaleux !

Face à ces attaques sidérantes, 26 élèves de la classe dont provient une dénonciation odieuse réfutée par une commission d’enquête pilotée par 3 inspecteurs généraux de l’éducation nationale, se sont mobilisés d’emblée, relayés  par une cinquantaine de ses collègues du lycée qui ont lancé l’alerte.

La riposte s’est organisée au printemps :

– L’APPEP (Association des professeurs de philosophie de l’enseignement public) a rédigé en juin un communiqué pour soutenir Pascal, au vu du fait que le dossier retenu contre lui est vide et exclusivement à charge :

http://www.appep.net/mat/2018/06/180626APPEP_ComPV.pdf

Un autre dès la rentrée lance à nouveau l’alarme :

http://www.appep.net/mat/2018/09/180902APPEP_ComPVerrier.pdf

– Lors des AG des professeurs de philosophie de Paris et de Créteil, une motion de soutien a été adoptée pour défendre notre collègue.

– Un comité de soutien à Pascal Verrier s’est monté, et une pétition de soutien, déjà signée par plus de 150 collègues professeurs de philosophie, circule.

Si vous voulez la signer, il vous suffit d’envoyer un message à l’adresse : soutienpascalverrier@gmail.com

– Enfin, une délégation composée de collègues et d’anciens élèves de Pascal Verrier sera reçue jeudi 6 septembre, à 18h30 par M. Geffray, à la DRH du Ministère.

Nous vous appelons à venir nombreux soutenir Pascal Verrier et la délégation qui entend protester contre cette sanction que nous considérons comme injuste et politique, 72, rue Regnault – 75013 Paris (métro Porte d’Ivry ou Olympiades, bus 83, T3a Maryse Bastié)

A la suite de cette entrevue, nous déciderons en commun des actions à suivre par lesquels nous entendons obtenir justice pour notre collègue.

Bien cordialement,

Pour le comité de soutien à Pascal Verrier,

Jean-Marc Bedecarrax, Sabrina Cerqueira, Vincent Pouille, Siryne Zoughlami