Les stylos rouges : tous ensemble pour l’Ecole de demain !

Les Stylos ROUGES a lancé cette pétition adressée à Monsieur le Ministre de l’Education Nationale et à 1 autre

Pétition: LES STYLOS Rouges

Notre système éducatif se détériore de plus en plus, enseveli sous les réformes qui se succèdent, à chaque changement de ministre, sans aucune vision de l’école que nous souhaitons pour nos enfants.

Une Ecole qui n’attire plus les vocations tant les conditions de travail de tous les personnels se sont dégradées, tant les apprentissages des élèves perdent de leur sens et ne sont plus accompagnés avec bienveillance.

Une Ecole qui ne pense plus réussite et bien-être de ses élèves mais budget et économies. Il est temps de se rassembler pour restaurer un service public d’éducation de qualité! Nous avons décidé de nous unir afin de chercher et trouver des solutions à cette situation inacceptable.

 De nombreux personnels des différentes branches de la formation et de l’éducation (Education nationale, Enseignement agricole, formations professionnelles…) se sont unis pour la première fois depuis bien longtemps afin de proposer l’école de demain autour de 3 grandes revendications:

-Revaloriser le métier d’enseignant tant socialement que financièrement
-Exiger une bienveillance de l’Etat pour ses élèves en améliorant leurs conditions d’apprentissage
-Faire reconnaitre la qualité des fonctions liées à l’enseignement

Pour signer la pétition: https://www.change.org/p/monsieur-jean-michel-blanquer-les-stylos-rouges-tous-ensemble-pour-l-ecole-de-demain

Notre manifeste avec l’ensemble des revendications est disponible en PDF ci dessous:

Cliquer pour accéder à Stylos-Rouges-Manifeste-v3.1.pdf

Tous ensemble pour l’école de demain !

Pas de vagues – participez à notre enquête (SNES)

   

Parlons pour mieux comprendre et agir

Incivilités, insultes, menaces, bousculades ou faits plus graves… Un trop grand nombre d’entre nous ont fait face à ces situations au cours de leur vie professionnelle. Ces derniers jours, la diffusion des images d’une agression et la libération de la parole des collègues sur les réseaux sociaux ont mis en lumière de nombreux dysfonctionnements dans le suivi de ces cas. Nous avons souvent eu besoin du soutien de notre hiérarchie et trop souvent nous ne l’avons pas obtenu.

L’institution a le devoir d’apporter des réponses et un accompagnement aux personnels touchés par des actes de violence ou d’incivilité au sein de l’Éducation nationale, pour que chacun, élèves et personnels, puisse y travailler dans de bonnes conditions. Dans des situations souvent complexes, il faut trouver collectivement des solutions pertinentes, allant du simple rappel à l’ordre à la sanction disciplinaire, mais il ne faut en aucun cas mettre le couvercle.

L’omerta est un problème de fond

Il est difficile à résoudre, car par nature, il ne permet pas d’identifier les problèmes, leur nature, leur ampleur. Les syndicats de la FSU entendent régulièrement des témoignages de collègues, les accompagnent dans leurs démarches et agissent : interpellation des chefs d’établissements, DASEN, Recteurs, CHSCT… C’est là le rôle d’une organisation syndicale, telle que nous le concevons, engagée au quotidien auprès des personnels.

Prenez la parole

Nous voulons aller plus loin et ne pas laisser retomber le mouvement de mise en lumière de ces problèmes : pour pouvoir appréhender la situation, pour obliger et l’institution à réagir – immédiatement et sur le long terme – nous avons besoin de vos témoignages et de vos réponses à l’enquête que nous lançons. Au-delà de la parole exprimée sur les réseaux sociaux, ils nous permettront de mieux comprendre et agir.

La phase de récolte des témoignages est achevée. Le SNES communiquera bientôt sur les résultats de l’enquête.

«Et si l’on évaluait le “pas de vague” au sein de l’EN?» (Martine Daoust et Patrick Hetzel)

« Le raz de marée #pasdevague signe un réel problème de gestion, d’aide et d’écoute, voire d’indifférence de la hiérarchie de l’Education nationale vis-à-vis des problèmes professionnels réels »

Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin, ancien recteur d’académie.

Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin, ancien recteur d’académie. © Sipa Press

Occurrence d’événements ? C’est au moment où on parle d’évaluation pour l’école que se répand au grand jour, après une menace d’élève envers un professeur, le mal-être des enseignants. Cet incident a surtout mis en évidence l’incapacité institutionnelle à apporter des réponses à ce malaise. L’approche sécuritaire et administrative annoncée est certainement nécessaire-encore que — mais mal adaptée aux besoins des établissements. Puisque le ministre se targue de mettre en avant la science, qu’il lise donc la bibliographie relative à l’importance de la qualité de vie en établissement scolaire comme facteur de réussite pour les élèves et de bien être pour les enseignants.

On ne saurait d’ailleurs trop lui conseiller de lire le rapport du CNESCO (1) sur la qualité de vie à l’école paru en 2017. Ce rapport est celui dont on rêve quand on se préoccupe d’enseignement : clair, argumenté avec une bibliographie internationale riche et récente, bref une aide à la décision qui devrait hanter la table de chevet, voire de travail du ministre. On peut y lire, et donc on ne peut plus dire qu’on ne savait pas, à quel point la qualité de vie à l’école est en lien direct avec l’environnement, la santé, le travail, l’estime de soi de chacun, en intégrant tous les domaines de la vie.

Déterminisme territorial. D’ailleurs, dans une deuxième salve, le CNESCO a fait paraître un autre rapport (2) mettant en avant les inégalités entre les établissements scolaires. Il est donc vraiment temps de faire disparaître le CNESCO : trop bon, trop dérangeant. Il pointe et écrit noir sur blanc ce que tout le monde pressent et/ou sait. Les inégalités scolaires d’origine territoriale sont peu explorées et demeurent taboues dans une République une et indivisible. Le déterminisme territorial, bien souvent associé au déterminisme social handicape à long terme des milliers de parcours scolaires. Et pourtant, on sait que ça existe, mais on ne fait pas de vague et on espère qu’il ne se passera rien.

Mais c’est autour de cette question qu’il faut mettre en place une évaluation digne de ce nom. Puisqu’il est question d’évaluation, pense-t-on un instant à évaluer la qualité de vie dans les établissements ? Cherche-t-on les raisons environnementales, économiques, sociales, territoriales qui handicapent certains établissements ? Ou va-t-on continuer à segmenter les jugements individuels ? Les élèves d’un côté, les enseignants de l’autre et l’établissement jamais ? Comme si le reste n’existait pas.

Clairement, si on commence à s’intéresser sérieusement à cet environnement de travail, avec les outils de mesure standardisés et à disposition de tous, on va voir apparaître des « effets de structures » majeurs dans la réussite ou l’échec des élèves, et là, c’est tout le système qu’il faudra interroger, y compris l’institution elle-même. C’est en effet plus dérangeant, et le « pas de vague » peut vite se transformer en mise « sous le tapis ».

Le déterminisme territorial, bien souvent associé au déterminisme social handicape à long terme des milliers de parcours scolaires. Et pourtant, on sait que ça existe, mais on ne fait pas de vague et on espère qu’il ne se passera rien

Pourtant, les études dont celles réalisées au sein de l’Institution (3), mettent en avant que pour les élèves, la satisfaction et le bien-être scolaire sont directement associés aux résultats scolaires mais aussi à l’environnement : soutiens entre élèves, climat de classe et confiance dans les enseignants. Pour les enseignants, il suffit de lire le rapport du médiateur de l’Education nationale (4) pour connaître les causes de souffrance et de pression du personnel : formation inadéquate par rapport à la diversité des publics, relations tendues avec les parents, considération négative du métier relayée dans l’ensemble de la société française ou encore difficultés non accompagnées pour la mise en place des réformes. Actuellement, le raz de marée #pasdevague sur les réseaux sociaux signe un réel problème de gestion, d’aide et d’écoute, voire d’indifférence de la hiérarchie de l’Education nationale vis-à-vis des problèmes professionnels réels.

Au regard de tous ces arguments, pourquoi continue-t-on à refuser des approches plus intégratives du système ? pourquoi continuer à évaluer chacun séparément sans tenir compte de l’accompagnement nécessaire dans certains établissements ? La réponse sécuritaire annoncée semble tellement dérisoire relativement à l’insuffisance humaine. Il est surprenant que les pistes envisagées gardent sous silence le manque criant d’approche sanitaire : pratiquement aucun médecin de prévention pour les personnels et un petit millier de médecins scolaires pour 12 millions d’élèves. Cette indigence sanitaire dans les établissements participe au sentiment de mal-être de tout le monde. Vers qui se tourner ? Il n’y a pas d’interlocuteurs et les problèmes rencontrés sont laissés sous le tapis. Les registres à renseigner, qui d’ailleurs sont déjà largement en usage, ne suffiront pas à améliorer le climat délétère qui fait s’affronter les enseignants à leur hiérarchie.

Evaluation indépendante. Puisqu’il est question d’évaluation, il serait temps de pratiquer une véritable évaluation indépendante, qui replace chacun dans son environnement immédiat, et dont les recommandations sont suivies d’une remédiation spécifique et non punitive. Elle ne doit pas être une sanction mais une aide au soutien des établissements en difficulté. Se doter d’une structure d’évaluation réellement indépendante et qui implique le personnel de terrain avec une analyse objective de la qualité de vie serait un premier pas vers la prise en compte du climat scolaire comme facteur de réussite et de protection.

Sans compter qu’un tel dispositif d’évaluation réellement indépendant permettrait aussi au Parlement de se saisir de cette question et d’éviter que les instances d’évaluation ne soient placées sous la seule autorité du Ministre de l’Education nationale, ce qui n’est pas un gage d’objectivité ou d’indépendance des évaluations qui seront rendues publiques uniquement après son nihil obstat. En somme, d’intenses débats sont à prévoir au Parlement au sujet d’une loi que le Ministre de l’Education comptait mettre à profit à des fins de communication à sens unique. Décidément, l’état de grâce est désormais passé pour le locataire de la Rue de Grenelle !

Martine Daoust, Professeur de pharmacie, ancien recteur d’académie, et Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin, ancien recteur d’académie.

(1) La qualité de vie à l’école, rapport du CNESCO 2017, A.Florin et P.Guimard. (2) Inégalités scolaires d’origine territoriale en France métropolitaine et d’Outre-mer, rapport du CNESCO, octobre 2018

(3) HBSC 2011

(4) Rapport du médiateur 2015

Source: L’opinion du 8 novembre 2018
https://www.lopinion.fr/edition/politique/si-l-on-evaluait-pas-vague-sein-l-education-nationale-tribune-martine-168008

Message du comité de soutien de Pascal Verrier

Cette rentrée est marquée par une violente attaque menée par notre propre ministre contre l’un des nôtres, Pascal Verrier, professeur de philosophie à Paris et figure syndicale, qui a conduit et souvent initié de nombreuses luttes durant ces trente dernières années.

Le ministre vient en effet de prononcer contre lui un arrêté de mise à la retraite d’office, sanction très grave, rarement prononcée, et aux conséquences financières extrêmement lourdes pour notre collègue puisqu’elle le prive immédiatement de 40% de ses revenus et l’empêche définitivement de faire progresser ses droits à pension de 30% !

Par cette décision, le ministre désavoue l’avis de la commission paritaire qui s’est réunie le 5 juin dernier et a entendu, 11 heures durant, les témoignages qui venaient démonter un à un l’ensemble des accusations et ragots de deux ou trois élèves instrumentalisés par une hiérarchie en conflit ouvert avec Pascal Verrier.

Par certains côtés, ce cas ressemble à celui de notre collègue JF Chazerans, tout comme lui militant syndical, affecté dans un lycée renommé, dans le viseur d’une hiérarchie montant contre lui un dossier ubuesque.

Tout ceci est scandaleux !

Face à ces attaques sidérantes, 26 élèves de la classe dont provient une dénonciation odieuse réfutée par une commission d’enquête pilotée par 3 inspecteurs généraux de l’éducation nationale, se sont mobilisés d’emblée, relayés  par une cinquantaine de ses collègues du lycée qui ont lancé l’alerte.

La riposte s’est organisée au printemps :

– L’APPEP (Association des professeurs de philosophie de l’enseignement public) a rédigé en juin un communiqué pour soutenir Pascal, au vu du fait que le dossier retenu contre lui est vide et exclusivement à charge :

http://www.appep.net/mat/2018/06/180626APPEP_ComPV.pdf

Un autre dès la rentrée lance à nouveau l’alarme :

http://www.appep.net/mat/2018/09/180902APPEP_ComPVerrier.pdf

– Lors des AG des professeurs de philosophie de Paris et de Créteil, une motion de soutien a été adoptée pour défendre notre collègue.

– Un comité de soutien à Pascal Verrier s’est monté, et une pétition de soutien, déjà signée par plus de 150 collègues professeurs de philosophie, circule.

Si vous voulez la signer, il vous suffit d’envoyer un message à l’adresse : soutienpascalverrier@gmail.com

– Enfin, une délégation composée de collègues et d’anciens élèves de Pascal Verrier sera reçue jeudi 6 septembre, à 18h30 par M. Geffray, à la DRH du Ministère.

Nous vous appelons à venir nombreux soutenir Pascal Verrier et la délégation qui entend protester contre cette sanction que nous considérons comme injuste et politique, 72, rue Regnault – 75013 Paris (métro Porte d’Ivry ou Olympiades, bus 83, T3a Maryse Bastié)

A la suite de cette entrevue, nous déciderons en commun des actions à suivre par lesquels nous entendons obtenir justice pour notre collègue.

Bien cordialement,

Pour le comité de soutien à Pascal Verrier,

Jean-Marc Bedecarrax, Sabrina Cerqueira, Vincent Pouille, Siryne Zoughlami